5 jours d’aventure et de découvertes
Parce que les feux de forêt ont gâché mon plan d’aller marcher la East Coast Trail à Terre-Neuve, j’ai décidé de me rabattre sur le Sentier National du Québec.
Au final ? 103 kilomètres en 5 jours à travers la Mauricie, avec près de 3000 mètres de dénivelé positif ! Pas pire comme plan B.
Pourquoi j’ai choisi le Sentier National en Mauricie
Cette section du Sentier National est vraiment bien : sauvage mais super bien entretenue par les bénévoles. Leur site web donne tous les détails qu’il faut, et l’application gratuite Avanza Map rend la navigation facile.
Le gros plus ? La plupart des campings et abris sont gratuits et tu n’as pas besoin de réserver. Par contre, c’est premier arrivé, premier servi ! J’ai même dû dormir dans le chemin une nuit parce que les plateformes étaient déjà prises.
Mon itinéraire : de Lanaudière à la Mauricie
- Départ : Accueil Catherine, réserve faunique de Mastigouche (Lanaudière)
- Arrivée : Accueil rivière à la pêche, Parc national de la Mauricie
- Distance totale : 103 km
- Dénivelé : Près de 3000 m positif
Merci à mon papa retraité qui m’a fait les lifts pour l’auto !
Jour 1 : Sentier Tonnerre – 17,3 km
Un départ un peu tardif
Avec tous les lifts du matin, je pars seulement vers 11h30. Le sentier Tonnerre commence dans une belle forêt de feuillus. Ça monte, puis c’est des petites montées et descentes. On suit ou on enjambe des cours d’eau. Il y a pas mal de roches et racines, mais ça se fait bien.
Quand tout roule parfaitement
À un moment donné, je me surprends à entrer dans le « flow », tu sais, quand tu n’es plus consciente de rien et que tu fais juste marcher en sautillant par-dessus les obstacles. C’est la pluie qui m’a sortie de mon état ! Puis ça monte et ça monte pour se retrouver sur les falaises… et là, LA VUE ! Le soleil sort en plus ! Magnifique !
Première nuit en forêt
Je dors à un abri en plein milieu de la forêt, sans grand intérêt. Pas de toilette, pas d’arbre solide pour accrocher ma bouffe, juste un petit ruisseau. Je décide quand même de m’arrêter parce que le prochain endroit est un refuge payant où je n’ai pas réservé.
Premier pépin : Mon filtre me lâche dès le premier jour ! Heureusement que j’ai des pastilles Aquatab.
Jour 2 : Ma meilleure journée – 27,3 km
Beau soleil au réveil
Super beau matin ! Le sentier se fait bien, je croise le refuge payant après 2,5 km au lac Saint-Bernard. Je croise les filles qui y ont dormi avec leurs chiens. L’eau du lac est invitante, mais il est tôt, je fais juste me rincer le visage et remplir une bouteille.
Je vole sur le sentier
Je croise un camping de la SÉPAQ, j’en profite pour remplir mes bouteilles d’eau et jeter quelques déchets. Un peu de wifi pour dire que je suis vivante et je repars. Le sentier est large et j’ai l’impression de voler pendant plusieurs kilomètres ! À midi, j’ai déjà fait 17 km ! Je m’arrête pour manger à un abri et j’ai encore de l’énergie, alors je repars. Total de la journée : 27,2 km ! Par contre, début d’une petite ampoule que je soigne rapidement.
Camping au bord du lac
J’arrive dans un site sur le bord d’un lac où des gens sont déjà installés, mais je ne peux pas marcher plus. Le lac est magnifique et la baignade est divine ! Si ça fait du bien ! Un couple et leur fille arrivent pour une nuit aussi, mais voyant la quantité de gens, ils repartent après s’être baignés et avoir partagé des légumes frais et des chips avec moi ! Miam ! Merci à Simon et Rosemary ! Je m’installe sur la roche avec ma tente, mais au moment de me coucher, je glisse beaucoup trop sur mon matelas, c’est trop en pente. Je me déplace dans le sentier d’accès ! C’est moins instagramable mais plus confortable.
Jour 3 : Vers les chutes du diable – 28 km
Matin calme au lac
Super beau matin calme, le groupe est parti tôt. Je déjeune seule sur ma roche face au lac hyper calme.
Ça roule encore bien
Puis je pars, et ça monte ! Ça va bien, sentiers larges, même des sentiers de VTT parfois, donc ça va vite. Je vole encore ! À 10h j’ai 10 km de faits !
Arrêt au lac Shawinigan
J’arrive à un endroit où on peut louer des chalets au lac Shawinigan, dans la réserve faunique de Mastigouche. Le lac est magnifique ! L’eau est claire, la plage est en beau sable blond. Le petit monsieur à l’accueil m’invite à aller me baigner. Je ne me fais pas prier et c’est sous l’œil curieux et intéressé du couple âgé que je me baigne en sous-vêtements. Ça les lave en même temps ! Bientôt, le reste de la famille se joint pour annoncer leur départ du chalet. Allô, bye tout le monde !
La montée vers les falaises
Je repars et la montée est intense ! Je me retrouve sur le dessus des falaises. Le sentier est plus difficile : roches, racines, ça monte, ça descend. C’est plus difficile que la veille, mais je réussis à arriver vers 16h au site des chutes du diable. La descente aux enfers porte bien son nom, mes genoux sont morts.
Soirée aux chutes
Le site est magnifique ! Deux filles et leurs 3 chiens s’y trouvent quand j’arrive. Séance photos Instagram et elles finissent par partir. J’ai la paix pour la soirée ! Je me baigne, je soigne mon ampoule devenue gigantesque malgré mes pansements, je mange et je me couche tôt au son de la rivière.
Jour 4 : Vers le parc de la Mauricie – 20,75 km
J’ai mal partout. Mon ampoule me fait mal, mais j’ai quand même bien dormi ! Café et déjeuner au son de la rivière et c’est parti.
Beaux sentiers au début
Ça remonte ! Je suis dans le parc récréoforestier de Saint-Mathieu et le sentier est magnifique. Beaucoup de roches, de mousse, de sentiers étroits. Je vais moins vite. Je prends le temps de vérifier si j’ai du réseau pour signaler que je suis en vie, sur le dessus d’une falaise. Oups, trop de notifications, je n’aurais pas dû ! Je me remets en mode avion.
La section Trappeur : moins le fun
Après la section du diable, c’est la section Trappeur. Un sentier vraiment sans intérêt, soit une forêt plate, soit des sentiers de VTT. C’est long et j’ai l’impression de monter sans cesse. Pas ma meilleure journée avec mon ampoule en plus ! Je vais moins vite et mon corps me parle, je suis fatiguée.
Changement de plan
Je savais qu’il y avait un abri après 16 km, alors je me dis que je ferai une petite journée. J’arrive vers 13h à l’abri… c’est laid ! Sur le bord d’un lac en train de mourir, avec un barrage de castor et une petite rivière qui ne coule presque pas. Bon, je décide de continuer. Le prochain camping est dans le parc de la Mauricie, le secteur que je connais où je suis déjà allée comme guide ! Alors je pousse un autre 5 km ! Au moins, une grande partie du sentier dans le parc, c’est une route de gravier, plate, mais plus facile ! Le lac est juste trop beau ! La baignade encore une fois divine. Je passe le reste de l’après-midi à lire sur le bord du lac. Je m’endors au son des huards après un bon souper sur la plage.
Jour 5 : Retour facile – 11 km
Dernière étape tranquille
Retour facile sur la route, le sentier Wabenaki est plat, mais le long de lacs presque en totalité, donc super beau ! Facile pour mes genoux et mon ampoule devenue un cratère. J’arrive vers 10h à l’accueil, fatiguée, affamée, blessée mais heureuse ! Notre corps est une machine, on est faits pour marcher !
Ce que j’ai appris de cette aventure
C’est beau chez nous !
C’est beau notre Québec, c’est grand. Le sentiment de se sentir seule devant un lac, dans un sentier, sur une falaise, c’est indescriptible. On se sent si petit.
Les castors sont des machines !
Les castors sont des maîtres bâtisseurs hors pair ! D’après moi, les ingénieurs auraient avantage à s’en inspirer… ou les embaucher pour nos routes et nos bâtiments !
Autres observations
Il y a encore beaucoup de moustiques pour fin août-début septembre !
J’ai passé 5 jours à chercher de l’eau, analyser, filtrer, purifier ou bouillir… et quand je reviens à la civilisation, je vais aux toilettes dans de l’eau potable ! Ça n’a aucun sens !
Mes conseils pratiques
-
Application : Avanza Map (gratuite)
-
Réservation : Pas nécessaire pour la plupart des sites, mais c’est premier arrivé, premier servi.
-
Préparation et tronçons : Le site du sentier national Mauricie est très bien fait pour planifier : Lien ici
Cette aventure de 5 jours sur le Sentier National en Mauricie m’a rappelé pourquoi j’aime tant la randonnée. Entre les défis et les moments magiques, ça m’a prouvé encore une fois qu’on est vraiment faits pour marcher et explorer notre beau territoire !
